Alexis Jaspar, Maraîcher : L’histoire d’un changement de vie

« Je ne veux pas me nourrir de légumes pulvérisés produits sous serres, toute l’année, en déconnexion totale avec la nature ». A Almeria, debout face à une mer de plastique, Alexis décide de changer son destin.



Nous avons probablement tous, tôt ou tard, rêvé d’un changement de vie. Résultat de l’augmentation de la pression professionnelle, de la perte de sens de notre travail ou de la pression financière grandissante allant de paire avec l’augmentation de la consommation, une déconnexion s’installe entre les projets de début de vie et la réalité qui se construit, dans un éloignement avec nos valeurs qui pourtant, nous tenaient à coeur.


Les projets porteurs de sens sont souvent un lieu de rassemblement de ces talents, de ces personnes passionnées et investies, conscientes qu’elles ont un rôle à jouer, une responsabilité envers leur environnement et les générations futures. Choisir de revenir à ses valeurs, c’est oser se réinventer et cela passe souvent par un retour à l’essentiel.





Alexis a 30 ans lorsqu'il décide de rompre avec son quotidien. Lassé par un métier qu’il aime, mais qui lui impose un horaire de travail en soirée et le week-end, déconnecté de contacts sociaux nourrissants, il souhaite « retrouver quelque chose de plus simple ».



Laissant derrière lui un rythme de vie dont il ne voulait plus, il entame un tour d’Europe en van, à la recherche d’authenticité et de découverte. Exempt de toute obligation familiale et financière, le moment était idéal pour se lancer, faire le point sur le passé et lancer les bases de projets d’avenir.



Après avoir longé les côtes françaises et portugaises, il arrive au sud de l’Espagne. A Almeria en Andalousie, il reste estomaqué face à ce qu’il décrit comme « une mer de plastique ».



Cette région de l’Espagne est bien connue pour sa culture industrielle de fruits et de légumes, sous serres, de janvier à décembre. Face au spectacle de montagnes amputées d’une partie de leur base pour gagner toujours plus de surface de culture intensive couverte, Alexis a ce choc révélateur qui mène à une seule conclusion : « Je ne veux pas me nourrir de légumes pulvérisés produits sous serres, toute l’année, en déconnexion totale avec la nature ».




De "Chef de Salle" dans un restaurant haut de gamme à "Maraîcher"



Initié par son grand-père, Alexis a depuis son plus jeune âge la main verte. « J’ai toujours fais des potagers, à gauche, à droite, dès que je louais une maison. J’aime ça, faire pousser des légumes, être en contact avec la terre. »


De retour au pays après 5 mois de quête, il se renseigne sur les métiers en lien avec la nature. Le maraîchage était une possibilité, mais la formation IFAPME la plus proche se donnait à 185km de Spa.

Le courage et la détermination paient toujours. Il trouve une opportunité auprès de l’asbl Cap Terre, un projet de réinsertion socio-professionnelle en zone rurale qui organise des formations dans des domaines comme la production maraîchère biologique, l'entretien de parcs et jardins ou l’éco-construction. « Via cette formation, on est invité à faire des stages chez des maraîchers, pour découvrir la réalité du terrain et se rendre compte des différentes manière de travailler le sol ».


Habitant à Spa, Alexis s’est tournée vers la ferme Le Petit Monde de Desnié pour effectuer un stage de 6 mois. « On a accroché de suite. C’est la façon dont je voulais travailler, nous avions les mêmes valeurs ». Dès la fin de son stage, en février, Alexis a rejoint Cécile Thibaut dans l'équipe maraîchère de la coopérative, à temps partiel dans un premier temps et à temps plein pour la pleine saison.



Maraîcher à la ferme de Desnié : la réalité du terrain


« Il y a des choses auxquelles on ne pense pas toujours. Le désherbage prend par exemple 50% de notre temps. Le maraîchage, ce n’est pas que semer, planter et récolter ! ».


S’impliquant dans son travail comme s’il développait son propre projet, Alexis a vite gagné la confiance de Cécile, Responsable de Culture, qui voit en lui le potentiel de reprendre dans le futur la gestion du maraîchage.


« Ce qui me plait le plus, c’est qu’on travaille sans intrants. On travaille sur sol vivant, on ne passe pas le motoculteur. Le cadre est idyllique et le projet veille à restaurer les écosystèmes. On rencontre un tas d’animaux de passage. On est vraiment bien exposés, malgré le climat plus marqué à 400m d'altitude ! »


A aucun moment, Alexis n’a regretté son choix de vie. Plus serein, il nous raconte qu'il apprécie désormais son temps libre en soirée ou le week-end, avantage qu’il valorise même si de temps à autre, il doit être présent les jours fériés. « Les légumes n’attendent pas ! Mais je suis à l’extérieur, je profite du beau temps, du grand air. Il faut travailler physiquement, mais c’est un autre rythme de vie, plus sain. On travaille en autonomie et je touche à tout : les ruches, l’élevage et même le design… Cela m’intéresse d’être impliqué dans les différentes activités agricoles de la ferme. J’ai appris par exemple à marquer une reine, à enlever les amusettes de la ruche, à baguer les agneaux. Et j’espère apprendre bientôt à traire les brebis ».


La coopérative Le Petit Monde de Desnié est en plein développement. Chacun des membres de l’équipe a l’opportunité d’amener ses idées, de les faire évoluer et, à terme, de les mettre en oeuvre.


« Au départ, je voulais m’installer à mon compte. Je voulais tester l’aquaponie, un type d'agriculture qui unit la culture de plantes et l'élevage de poissons, les deux se nourrissant l’un et l’autre. A la ferme, je pourrai effectuer des tests. Et pourquoi pas, le développer dans le futur ? ».





Maraîcher : un métier facilement accessible ?


Le métier de maraîcher a le vent en poupe. Mais est-ce si facile de s’installer et d’en vivre ?


« Il ne faut pas avoir peur de se lancer et d’y croire à 200%. Mais mieux vaut prendre le temps de se former chez d’autres maraîchers avant de s’installer. Ce n’est pas parce qu’on a eu un potager qu’on peut devenir maraîcher. Un projet demande des investissements de départ, une grande capacité de gestion, beaucoup de temps et d’énergie qu’il vaut mieux partager à plusieurs. Seul, c’est difficile de démarrer quelque chose de viable ».


Alexis continue à apprendre chaque jour au contact de ses collègues. Il valorise beaucoup leur expérience et le temps qu’ils prennent pour lui transmettre leur savoir. Chaque jour, il construit un peu plus sa propre expérience et sa propre histoire : celle d’être devenu maraîcher.


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