Comment la découverte de la permaculture m’a aidée à écrire mon livre

 


En 2017, je découvre le livre « Comment tout peut s’effondrer » de Pablo Servigne et Raphael Stevens.


Au fil des pages, le sol se dérobe sous mes pieds.

 

Pollution plastique, réchauffement climatique, érosion de la biodiversité, acidification des océans…L’urgence me semble vertigineuse et les données inconcevables, nauséeuses. Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? Quelles catastrophes sommes-nous en train de provoquer ?


Alors, à l’instar de nombreux militants, je passe à l’action. Professeure de français, je me lance dans l’écriture d’un roman pour motiver les jeunes à s’intéresser à l’actualité et à ses enjeux essentiels.


Mais, très vite, je ressens un blocage. Des visions anxiogènes me traversent. Peur de l’avenir, peur de manquer, peur d’échouer, peur de m’éparpiller, peur d’un effondrement de notre civilisation. À quoi ça sert de se mobiliser si tout est fichu ?


Un jour, ma meilleure amie Fanette me propose un weekend d’initiation à la permaculture. Quitter ma bulle ne peut pas faire de tort… même si, n’ayant pas accès à un jardin, je doute de l’utilité d’apprendre à cultiver des légumes. Finalement, nous délaissons nos corrections pour découvrir la ferme bio de Desnié, qui est aussi un éco-centre de formation à la permaculture située à Theux, près de Spa.  


Ce weekend sera une révélation. La permaculture, ce n’est pas que du jardinage, c’est beaucoup plus que ça. C’est une révolution. C’est l’art de prendre soin du vivant. C’est une philosophie qui peut changer la face du monde, lui rendre sa poésie et surtout, sa force et son abondance.  


Déclic.

 

C’est incroyable. Pourquoi les professeurs ne sont-ils pas formés à la permaculture ? Pourquoi n’apprenons-nous pas cette éthique fondamentale à l’école ? Pourquoi continuons-nous de nous enfermer dans des cases et d’enseigner des matières abstraites, déconnectés de la nature et de la complexité du vivant ?


L’énergie circule à nouveau à l’intérieur de moi. Je bouillonne, même. Inspirée par ce que j’apprends et par les gens que je rencontre, issus de tout horizon - des agriculteurs, une autre prof, une bibliothécaire, un policier, un caméraman-monteur, des étudiants – je me pose des questions importantes. Dans quel monde voulons-nous vivre ? À quel avenir aspirons-nous ? Quelles sont mes envies et quelle est ma place dans ce changement nécessaire de paradigme ?  


L’approche éthique et les principes de conception de permaculture me permettent de me recentrer, de prendre du recul et d’agir de façon plus structurée, autour d’un objectif global. Cette formation me permet aussi d’envisager autrement l’écriture de mon livre, de le penser de manière holistique. 

 

 

Quel message ai-je envie de faire passer ?


Fidèle à ma vocation, j’ai envie de transmettre. De semer des graines avec bienveillance. De participer à faire circuler l’information, avec humour quand c’est possible.


J’ai envie de me servir de mon expérience pédagogique pour sensibiliser sans culpabiliser, informer sans ennuyer, montrer à quel point tous les phénomènes sont interconnectés.
Fanette et moi repartons transformées, inspirées, nourries de l’intérieur.
De retour chez moi, l’inspiration ne me quitte plus.  


Je veux écrire un livre pour prendre soin des gens, pour leur faire du bien, un récit qui fasse rire et réfléchir, un témoignage unique en son genre, dans ce qu’il a de plus authentique et de plus intime.


J’ai envie de partager ma vérité, dans un style fluide et léger.
Alors, je me lance dans l’écriture de mon propre parcours et j’y retrace ma démarche avec ses essais-erreurs, ses déclics, ses extrêmes, ses incohérences, ses découvertes, ses ratés.

 

C’est ainsi que je raconte comment j’ai poussé le minimalisme trop loin, au point de n’avoir plus rien à me mettre, comment j’ai tenté de convertir mes proches à mon mode de vie, comment je me suis retrouvée crudivore quelques mois, à prôner des repas avec green juices et graines germées. 

 


L’énergie change, la peur cède face à l’enthousiasme.

 

Sur ma lancée, je retravaille mes cours et poursuis avec zèle la transition écologique qui améliore mon quotidien. Minimalisme, zéro déchet, alimentation saine, développement personnel, formations …


Enfin, après quelques mois, je termine mon manuscrit. C’est la première fois que je finis un livre.


Un soir, j’ose demander à Jean-Cédric Jacmart, le fondateur de la ferme de Desnié, d’écrire la préface du livre. Puisque ce weekend a constitué une bouffée d’air frais et que c’est exactement ce que j’entends faire de mon livre, il me paraît logique de lui demander de le faire.  

 


Au mois de novembre, mon livre sort en librairie.


Depuis, je découvre chaque jour une communauté qui tisse du lien et plonge les mains dans la terre. Je rencontre des gens qui ont envie de vivre autrement, de sensibiliser à des causes et d’incarner au plus près leurs valeurs.


C’est ainsi que je fais la connaissance de Ludovic Bollette, fondateur de l’application « Mangez Local », qui met en lien producteurs locaux et consommateurs ; de Luc Dechamps, le réalisateur du documentaire « Ici la terre », qui a posé sa caméra à la ferme de Desnié pendant un an pour filmer ce qui se passe pendant les cours de conception en permaculture ; de Caroline qui grâce à sa plateforme « The Lemon Spoon », fait connaître ces initiatives auprès d’un large public ; de Ferdinand Richter, directeur France d’Ecosia, un moteur de recherche qui finance la plantation d’arbres.

 


Je nourris, depuis, la conviction qu’après l’effondrement, un renouveau est possible.


Il est encore possible d’agir. Nous pouvons transformer nos croyances. Ancrés dans l’instant présent, nous pouvons prendre des décisions qui cadrent avec nos aspirations profondes.


Les pistes de solutions se trouvent au-delà de nos peurs.


Nous pouvons apprendre.
Nous pouvons tisser des liens et construire des réseaux épanouissants.
Nous pouvons déployer notre créativité.
Nous pouvons raconter de nouveaux récits.
Nous pouvons construire des oasis de résilience.
Devenir meilleur est à portée de main.  

 

 

Géraldine Remy est professeure de français dans une école bruxelloise. Après avoir changé de mode de vie, elle est également devenue auteure, coach zéro déchet, chroniqueuse radio et conférencière. Il lui tient particulièrement à cœur de partager une vision inspirante de l’avenir, de participer à construire et à diffuser des récits positifs, qui donnent envie de rêver collectivement et d’agir pour renouer des liens avec l’environnement, de partir à la rencontre de l’autre. Sa devise est : « Apprendre pour transmettre ».


 

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